Family Machine

Texte : extraits de Américains d’Amérique de Gertrude Stein (The making of americans)
Mise en scène, chorégraphie, adaptation : Roser Montlló Guberna et Brigitte Seth
Assistanat à la dramaturgie : Faustine Noguès
Assistanat à la mise en scène : Jessica Fouché
Scénographie : Emmanuelle Bischoff
Musique : Hugues Laniesse
Lumière : Guillaume Tesson
Costumes : Sylvette Dequest
Administration, Production : Véronique Felenbok
Chargée de production : Marion Arteil
Diffusion : Carol Ghionda
Presse : Olivier Saksik
Photos : Christophe Raynaud de Lage

Acteurs et danseurs : Jim Couturier, Louise Hakim, Théo le Bruman, Roser Montlló Guberna, Christophe Pinon, Brigitte Seth, Élise Vigier

Un peu comme des archéologues qui, soulevant une pierre, découvrent et mesurent l’étendue infinie du territoire à explorer, nous « fouillons » l’oeuvre de Gertrude Stein depuis de nombreuses années.
Reprenant régulièrement ce chantier si particulier, nous marquons des arrêts ça et là, de surprise en surprise.


Gertrude Stein (1874-1946)

Poétesse, dramaturge, essayiste, romancière, collectionneuse d’art… Américaine, elle choisit de vivre à Paris en 1903, figure majeure des bouleversements esthétiques du 20ème siècle, elle invente le « cubisme littéraire ».

Un peu comme des archéologues qui, soulevant une pierre, découvrent et mesurent l’étendue infinie du territoire à explorer, nous « fouillons » l’oeuvre de Gertrude Stein depuis de nombreuses années. Reprenant régulièrement ce chantier si particulier, nous marquons des arrêts ça et là, de surprise en surprise.

Pour Family machine nous partons du livre The making of americans. Mille pages rédigées entre 1906 et 1908 , le livre n’est édité qu’en 1925. La version française, Américains d’Amérique, à laquelle Gertrude Stein participe, est réduite à environ 300 pages et a été éditée en 1933. C’est avec ce livre, The making of americans, au volume énorme, à l’écriture obsessionnelle, que Gertrude Stein invente au fur et à mesure son écriture à venir : écriture répétitive, écriture dite « cubiste ». Ainsi, plusieurs formes de récits nous sont-elles donnés à lire :
- romanesque, descriptif, linéaire
- pensées de Stein
- écriture répétitive, musicale
- poésie

Family machine convoque les espoirs que forment ceux qui voyagent, changent de pays, de continent pour un avenir meilleur. Leurs espoirs, leurs difficultés liées à l’installation, à la construction d’une vie. Family machine c’est une famille qui se déplace, avance, marche éternellement.

De ce mouvement permanent, cette marche, apparaissent des « characters », des figures, des esprits venant nous saluer, nous rendre visite. Grands-parents, parents, enfants, cousins, nous adressent leurs états d’âme, leurs qualités d’être. On dirait bien que nous en connaissons certains, les reconnaissons… Sommes-nous au présent, en train de les découvrir, ou bien sont-ils dans notre mémoire ? Au coude-à-coude le présent et le souvenir nous éveillent, et nous troublent. Tous les débuts et toutes les fins de ces vies, toutes les répétitions de ces débuts et de ces fins de ces vies… Family machine nous rappelle le temps court de nos vies, et le temps infini des générations qui se répètent sans cesse.

Ce qui vit et ce qui meurt, ce qui naît et recommence, ce qui se retrouve et se répète chez tous ces Américains d'Amérique c'est une Europe aventureuse lancée dans une incarnation nouvelle. En fin de compte ce que nous retrouvons chez tous ces Américains c’est notre désir de fuite, notre instinct de liberté, et notre vieille avidité de nous blottir contre la terre. Tous ces débuts et toutes ces fins, ce sont nos débuts et nos fins…
Bernard Faÿ – extrait de la préface de Américains d’Amérique. Editions Stock, 1933

Passant de la lecture au jeu, la langue de Stein est une véritable partition musicale. L’oralité de ces écrits révèle une musique, et sa rythmique étonnante, attractive, nous invite, de fait, à la chorégraphie. Voix et corps sont indissociables, les acteurs et les danseurs sont les interprètes de cette poésie sonore hors norme. Mais en plus des sensations organiques, Gertrude Stein nous offre du sens, des sens et des pistes de réflexion qui surgissent comme autant de fulgurances poétiques insoupçonnées. La famille, le sens qu’on lui donne, sa structure, sa mission, ses valeurs morales, esthétiques, politiques, ne sont pas les mêmes partout, les mêmes pour tous. Pourtant partout la famille s’organise et distribue les rôles à tenir aux membres qui la constituent. Pères, mères, sœurs et frères, cousins, nièces, épouses, maris, plus que des personnages de théâtre, sont des rôles-fonctions. Ils portent chacun un sens qui se nourrit de leur confrontation. Ils ont comme point commun d’avoir à vivre avec la famille, pour la refuser ou pour l’accepter, mais butant inexorablement sur son organisation, son idiome, ses silences, ses codes, ses légendes, ses lois, ses interdits. La famille devient alors, peut-être, la miniature d’autres mondes : le passé, l’avenir, la politique, la guerre, l’amour…

« …Certaines gens se copient eux-mêmes dans leur façon de parler, les gestes de leur main, de leurs épaules, de leur corps ; d’autres copient ceux qui les entourent, il en est qui n’ont en eux pour ainsi dire rien de personnel ; et pourtant, tout le monde a, tout au fond, sa nature profonde, qui toujours se répète et existe réellement… »
Extrait de Américains d’Amérique de Gertrude Stein, Editions Stock,1933 ,traduit par Madame J. Seillière et Bernard Fay
 

 

Production : Cie Toujours après minuit / Coproduction : Chaillot - Théâtre national de la danse, Centre national de danse contemporaine d’Angers dans le cadre des Accueils Studio.   / Accueil en résidence : La Briqueterie-CDCN du Val-de-Marne / Avec le soutien de l’ADAMI
La compagnie est conventionnée par le Ministère de la Culture - DRAC Ile-de-France, la Région Ile de-France et reçoit le soutien du Département du Val-de-Marne.